LE COIN POSTES


 La collection de postes anciens demande avant tout de l'espace vital car ces vénérables objets sont encombrants et lourds. Typiquement, un poste de salon des années 30 ou 40 mesure 50 cm en longueur, 30 en hauteur et 25 en profondeur. Il ne pèse pas moins de 8 à 9 kilos. Ces caractéristiques expliquent le succès des petits postes de chevet en bakélite des années 50 aux dimensions plus modestes.

 

Restaurer des postes, c'est bien mais ils ne doivent pas après, retomber dans l'oubli et le silence. Il faut les faire fonctionner de temps temps, d'une part pour le plaisir, et d'autre part pour s'assurer de leur bon état de santé.

 

Pour éviter d'avoir à les déplacer pour la mise sous tension, chaque poste restauré de ma collection est relié à une prise de courant et à une antenne individuelle constituée d'une dizaine de mètres de fil. Inutile de préciser quel bel écheveau de filasse on peut trouver entre le mur et le fond des étagères.

 

Mais quel plaisir de pouvoir les contempler, sous tension, les cadrans diffusant une lumière très douce. Leur sonorité est vraiment excellente et incomparable. En explorant les gammes d'ondes moyennes et courtes (P.O. et OC.), il est possible de capter les émissions du monde entier. Dans ces moments là, je retrouve ce qui, depuis ma plus tendre enfance, m'a toujours captivé et émerveillé: pouvoir capter des voix venues d'ailleurs, sans fil, ni aucun support matériel. Lorsque j'étais enfant, on voyageait peu, et les noms des stations gravés sur la glace des cadrans étaient des invitations au voyage pour des destinations aux noms un peu mystérieux que je ne localisais pas toujours très bien, Hilversum, Daventry, Kiev, Le Caire, Beromunster, Ankara etc..

 

Aujourd'hui, sagement rangés sur leurs étagères, ils me rappellent l'époque ou ils trônaient, à la place d'honneur dans les salles à manger ou dans les salons, protégés par un napperon sur lequel on posait  les cadres des photos de la famille.


   LE COIN RESTAURATION


Ce coin est le bloc opératoire des vieux postes. De longues heures, souvent des jours entiers sont nécessaires pour redonner vie à ces objets inanimés depuis fort longtemps.
Démontage, dépoussiérage nettoyage, astiquage, décapage polissage, vernissage, voila pour l'aspect extérieur.

Test des lampes, recherche du schéma de câblage, échange des composants reconnus défectueux ou suspects voila pour l'aspect fonctionnel. Puis il faut  procéder à la première mise sous tension.

Le poste commence alors à émettre ses premiers crachotements. Après beaucoup de réglages et de patientes mises au point, on obtient enfin une voix claire et puissante. ''Encore un de sauvé!'' pense t'on, parfois un peu ému quand il s'agit d'un poste ayant appartenu à un être cher. Reste alors les finitions, le remontage puis l'essai final. Vient alors le moment le  plus difficile, celui de lui trouver une place d'honneur sur les étagères déjà très chargées...

Vous trouverez dans le chapitre ''Restauration'' quelques conseils plus précis sur le sujet.


   LE COIN LAMPES


 Dans cette vitrine sont exposées un certain nombre de lampes qui sont un échantillonnage de ce qui a pu exister dans le domaine. Ces braves  "loupiottes'' ont régné pendant près d'un demi siècle sur la radio et sur ce qui deviendra plus tard  l'électronique. Elles ont été au coeur de tous les équipements jusqu'à ce qu'elles soient remplacées par les transistors puis par les circuits intégrés. Le terme ''lampes'' est impropre car si elles en ont l'aspect, elles n'ont pas pour fonction d'éclairer les postes! Elles servaient à produire, amplifier, redresser, traiter les signaux radio électriques. Le terme ''tube électronique'' ou ''tube'' leur convient mieux, mais pour beaucoup, elles restent et resteront les ''lampes''.

 

Il y en a eu de toutes les tailles,  de toutes les formes. 

Elles étaient classées par séries, souvent en fonction du culot et de la forme des broches. On se souvient des lampes octales, novales, rimlock, européennes, transcontinentales, loctales , miniatures, subminatures etc...

De la diode de redressement basique au tube klystron pour les récepteurs radar fonctionnant à 9300 MHz, elles couvraient toutes les gammes de fréquences. De la triode de réception débitant quelques milliampères au tube géant d'émetteur de radiodiffusion pouvant délivrer plusieurs centaines de KW, elles couvraient toutes les gammes de puissance.

Elles avaient le défaut d'être gourmandes en courant. Le chauffage de la cathode consommait typiquement 2 watts et pour l'alimentation de l'anode et des grilles d'écran, il fallait en compter autant (250 volts et 8 mA), soit 4 watts au total. Imaginez quelques instants un micro-ordinateur type PC, équipé de lampes ! (plusieurs dizaines de millions): il aurait la taille d'un immeuble et il faudrait l'alimenter par une centrale électrique!

 

Pour être en mesure de restaurer un poste à lampes il faut disposer d'un stock de lampes que tout collectionneur restaurateur garde précieusement et jalousement. Il est pourtant de nos jours encore assez facile d' en trouver, par récupération sur des postes à l'état d'épaves ou en achetant des lots, provenant de surplus ou de la cessation d'activité de radio dépanneurs.